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Vahana Records : Le nouveau label bass music Français

Dernière mise à jour : 29 sept. 2022

La nouvelle n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux : Elisa Do Brasil et Bobby ont annoncé il y a quelques jours le lancement de leur propre label : Vahana Records.

Véritables activistes et habitués du monde de la Drum & Bass depuis de nombreuses années, ces deux monstres de la scène parisienne unissent leur force pour pousser la culture bass music encore plus loin.

Des soirées Forever DNB aux shows mensuels sur la prestigieuse radio Rinse France, Elisa est une véritable institution. Quant à lui, Bobby défonce tous sur son passage avec ses récentes sorties chez Kosen ou encore Château Bruyant.

On a eu la chance de pouvoir leur poser quelques questions pour en apprendre un peu plus sur ce qui nous attend :


Mika Cotellon

Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore, pourriez-vous vous présenter en quelques phrases ?


E : Je m’appelle Elisa Do Brasil, je suis un soldat de la Jungle et de la D&B depuis plus de 20 ans. Dans ma vie de Junglist je suis une raveuse, une productrice, DJ et organisatrice de soirées, et je pense me battre pour cette musique depuis très longtemps. J’ai aussi deux émissions de radio mensuelles sur Rinse France et Tsugi Radio. B : Moi c’est Bobby, ça fait plus de 10 ans que je suis dans la Drum, j’ai organisé beaucoup de soirées sur Paris avec mon asso WeLoveRemix, j’ai aussi fait de plus petits événements comme les DNB Therapy. Je suis aussi producteur, DJ et maintenant patron de label !


Comment est-ce que vous vous êtes connus ?

B : La première fois c’était au festival Astropolis à Brest, ou Elisa est résidente et ambassadrice. À l’époque j’y suis allé avec mon frère comme il est breton. Il m’a dit “Il faut absolument que tu ailles voir Elisa Do Brasil au levé du soleil !” Du coup j’y suis allé, et j’ai vu Elisa avec un gros smile et ses bonnes vibes, et à ce moment là je me suis dit “Il faut trop que je fasse ça dans ma vie !”. E : Et des années après, Bobby faisait ses afterworks DNB Therapy le mardi, donc je décide de me motiver à sortir (je n’avais plus beaucoup l’habitude de sortir en semaine !), et je tombe sur plus de cent gamins qui dansent sur du gros son qui envoie, donc c’était l’hallu totale ! En arrivant à l’entrée qui était sur donations, je suis tombée directement sur Bobby qui viens me voir et me dit “Ah non avec tout ce que tu as fait pour la Drum & Bass, jamais tu paieras l’entrée de mes soirées !” Le samedi suivant on s’est recroisé au Glazart et on s’est retrouvé ensemble à boire des coups et refaire le monde, la semaine suivante on est allé dans mon studio et on a commencé à faire un track toute la nuit, à sampler des chaises qui grincent rire. Le contact est super bien passé, et franchement ce n’est pas avec tout le monde que tu peux passer un bon moment en studio, avoir un niveau de respect mutuel et une envie de travailler ensemble. Depuis ce jour là on a commencé à faire plein de choses, on mixe très souvent ensemble à la radio, ce qui était un peu notre façon de communiquer musicalement et de trouver un entre deux parce qu’on joue quand même des univers D&B très différents. On s’entend aussi bien en session studio qu’au niveau mix : comme par exemple quand je suis passée sur CDJ, c’est lui qui a subit toutes mes premières bêtises comme arracher la clé USB en plein set et ce genre de choses rire. B : C’est ça, on se tire vraiment vers le haut et on est très complémentaire. C’est très difficile de trouver quelqu’un avec les mêmes envies, la même volonté et la même gnaque.


Comment vous est venue l’idée de créer un label ?

E : On avait tous les deux séparément l’idée de créer un label, mais c’est vrai que c’est le genre de choses que tu fais pas trop tout seul. B : Ouais, et puis on sentait que ce n’était pas forcément le bon moment. Je savais que j’allais en faire un dans ma vie, mais je pensais que ça serait beaucoup plus tard ! E : Je pense de mémoire que c’est Cannelle (NDLR : Une des membres de Forever DNB) qui nous a suggéré de faire ça ensemble. C’est finalement apparu comme une espèce d’évidence, et de toute façon tout ce qu’on entreprend ensemble est assez chouette et roule tout seul. Donc on a pris notre temps, et on a commencé à réfléchir à tout ça. On devait avoir une première sortie en 2020, mais à cause du confinement on a dû s’arrêter net. Ça a été finalement une très bonne chose puisque ça nous a permis de prendre notre temps et de réfléchir à notre univers musical, à faire les choses correctement. Je pense que ça aurait été un peu à l’arrache si on l’avait lancé deux ans plus tôt, alors que là on arrive avec un vrai projet bien construit et solide.


Mika Cotellon

Que représente le logo, est-ce qu’il y a un symbole caché ?

E : Il y a plein de symboles cachés ! On voit directement le cygne. À la base le cygne c’est un oiseau qui nous représente assez bien : il est très fidèle mais aussi vénère et il va te mordre si tu t’approches de ses petits. Il y a aussi une clé de Fa sur la tête du cygne, il y a aussi le chiffre 2 qui forme cette tête, donc c’est nous deux. Il y a le cercle aussi, qui représente à la fois un vinyle et la version 2.0 d’Elisa et Bobby ! Il y a aussi les ailes, qui signifient l’exploration et l’envol : le moment de se prendre en main et de les déployer. Le cygne c’est aussi la fidélité, le vilain petit canard qui a mis du temps à se construire et à devenir un beau cygne majestueux. C’est un peu l’élégance aussi, ça c’est mon côté de petite fille danseuse qui ressort : le lac des cygnes, le cygne noir et le cygne blanc, les deux personnalités, les deux côtés d’une personne ou d’une musique. Et pour le nom du label, j’étudie et enseigne le Yoga, et donc tout ce qui est mythologie indienne et compagnie. Vahana c’est la monture de chaque dieu Indien, et le cygne est la monture de Saraswati, qui est la déesse des arts, de la connaissance et de la musique. Tout cet ensemble, c’est ce qui nous porte !


Quelle est votre vision et que souhaitez vous apporter au monde de la Drum & Bass ?

E : C’est l’exploration, de mélanger nos deux univers et sensibilité qui sont quand même assez à l’opposé. Quand tu compares les prods de Bobby super vénères et ce que je mixe maintenant, l’écart est grand ! Donc il faut qu’on trouve un entre deux qui mélange un peu nos deux univers, et à terme trouver un son et une esthétique vraiment à nous. Ce qu’on veut apporter c’est ce qu’on fait déjà depuis toutes ces années : continuer à booster cette musique et ce mouvement, cette grande famille en France et ailleurs. Bien évidemment pouvoir produire des jeunes talents qu’on pourrait aider . Être en quelque sorte une plateforme pour des jeunes qui le mériteraient et qui auraient envie de venir avec nous dans notre petite écurie.

B : On ne veut pas se limiter à un genre de la Bass Music, c’est très très large, on veut vraiment pouvoir sortir plein de styles différents mais toujours avec cette essence commune. Du bon son qui nous parle vraiment. On aimerait bien qu’on ne sache pas forcément ce qu’on va écouter sur une prochaine release, que ça ne soit pas full jungle ou full deep : on veut vraiment explorer et donner aux petits jeunes l’occasion de s’exprimer.

E : Mais quand même avec une patte Vahana : on est quand même arrêté sur une certaine façon de produire, sur certains sons, quelque chose qui soit de toute façon agréable à l’oreille et puis moi avec mon expérience de la scène et de “l’industrie de la nuit” (j’aime pas trop ce mot), j’aimerais pouvoir aussi apporter ce que j’ai vécu et fait pendant plus de 20 ans, et pouvoir amener d’autres gens à le vivre de la façon dont je l’ai vécu.


Est-ce que c’est plutôt axé petits producteurs ou artistes déjà connus / signés ?

E : On ne veut pas se limiter. Bobby est en contact avec des jeunes qui ont envoyé des premières versions de morceaux, il est en train de les pousser, de les aider et de les conseiller. Pour ma part j’ai déjà des EPs en préparation d’artistes qui ont compté dans ma vie de jeune Junglist à l’époque, et qui sont aujourd’hui reconnus et lourds ! Aussi à la fois les copains, nos collabs à nous, on veut s’amuser parce qu’on fait ce qu’on aime. Je pense que depuis le temps qu’on est là, avec les gens autour de nous, on veut aussi bien aider les jeunes que kiffer avec les ceux qui ont compté dans notre vie. Kiffer ensemble et kiffer avec les copains.

B : On va faire plusieurs séries sur le label, pour bien identifier les différents courants. On a déjà des trucs un peu prévus, on garde encore ça un peu secret pour l’effet d’annonce quoi rire. Des trucs un peu plus dark, d’autres plus lumineux, on met des cases dans des cases pour pouvoir exprimer et émettre des messages différents. On fait le plus large possible pour ne pas se fermer des portes. Si le morceau est bon, on va le signer !


Certains labels vont préférer signer un artiste plutôt qu’un autre en fonction de leur fanbase. Est-ce que ça sera le cas avec Vahana ?

E : Pas du tout ! On veut justement pouvoir dénicher des jeunes talents qui ont l’envie. On veut pouvoir être une plateforme pour eux aussi. On cherche d’abord une qualité musicale, pas un nombre de followers !

B : L’idée c’est de signer de temps en temps des artistes qui sont déjà établis et reconnus, pour que ça puisse aider les plus petits à se lancer parce que si on sort que des petits artistes, c’est super mais ça va manquer d’un coup de projecteur sur leur travail, mais aussi sur le label.


Est-ce qu’il y a des soirées Vahana Records qui sont prévues dans les prochaines semaines pour fêter ça ?

B : On a une première étape à Rennes, dans un lieu secret le 25 mars. Il y aura très peu de places donc il faudra vite trouver le lieu et faire en sorte d’être là !

E : On est aussi en train de travailler sur plein d’autres lieux, j’adore faire ça : organiser des soirées, j’ai des copains et des contacts un peu partout donc il y en aura d’autres dans le futur.

B : On fera aussi des showcases sur un line-up qui représentera le label, et on fera aussi des évènements Vahana pour faire tourner nos poulains, ceux avec qui on aime bosser aussi, faire des soirées un peu plus classiques mais dans des lieux un peu alternatifs.


Est-ce que vous allez être plutôt sur une philosophie de sortie en one-shot ou d’accompagnement d’artistes ?

B : Si on peut les garder et les accompagner c’est chouette, mais malheureusement aujourd’hui c’est très difficile de sortir sur un seul et même label. On peut pas leur promettre mondes et merveilles, tous les mois avoir une sortie pour chaque artiste, etc. Donc si par exemple il a 2 sorties par an, ce n’est peut-être pas assez pour eux aussi. Mais on va essayer de garder un maximum d’artistes et construire des trucs avec eux, en les conseillant et en les aidant.

E : Idéalement, on aimerait qu’on soit une petite écurie. Mais on ne peut pas aspirer à les garder juste pour nous, surtout au point où on en est ! Mais si on a quelqu’un qui nous fait confiance, on va essayer de le travailler le plus possible et de le mettre bien en le conseillant, en se servant de notre expérience, pour promouvoir son projet, ou en l’invitant sur nos événements par exemple.


Mika Cotellon

Votre première sortie est une collab entre vous deux !

Est-ce que vous pouvez nous spoiler un peu ?

B : Alors oui, ça sera un EP avec 2 morceaux d’Elisa et moi, dont un avec Miss Trouble qui pose sa voix dessus. Et la dernière est une collab entre Elisa et Dopa Beatz, c’est un de ses agents qui est aussi producteur !


Et est-ce que vous avez aussi d’autres releases dans les tuyaux ?

B : J’ai un EP de 3 morceaux pour le label qui est un peu différent de ce que je produis d’habitude, qui est un peu l’identité sonore du label et ça me permet d’explorer un peu de nouvelles sonorités.

E : On a un EP aussi entre Skwig et moi, dont un morceau qui est avec Agôn, j’ai fait de la musique avec Skwig pendant 2 ou 3 ans : on a plein de morceaux pas encore sortis qui sont quasiment terminés, dont un EP qui est quasiment terminé. On a aussi un EP entre Gunston et moi, on a aussi un artiste, enfin, un duo dont je ne donnerai pas le nom d’ailleurs, qui ont été très importants dans ma vie de Junglist depuis les années 90 et qui sont chauds pour qu’on produise un EP ensemble donc ça devrait être prêt dans les 2 mois qui viennent.

B : On a aussi quelques producteurs qui nous ont envoyé des démos et on est en train de les conseiller pour que leurs morceaux correspondent à l’identité du label.


Niveau récurrence des sorties, vous avez déjà fixé des deadlines ou un rythme particulier ?

E : Alors. rire, on s’est fixé plein de règles et on a fini par changer d’avis en ce qui concerne les dates de sorties : on veut avoir le temps de développer les projets, les sorties, et ne pas bâcler. Laisser le temps au morceau de vivre, d’être découvert.

B : Quality over quantity !

E : L’avantage d’avoir son propre label, c’est qu’on peut décider quand c’est le bon moment pour sortir un morceau. Si on tombe sur un jeune producteur qui n’est pas très loin du but mais qu’il a besoin d’un peu plus de temps pour finir son morceau, on lui laisse le temps sans trop de stress. On veut vraiment travailler les projets à fond et ne pas les bâcler comme certains labels qui sortent tous les mois voir plusieurs fois par mois, alors qu’au final les auditeurs n’ont pas forcément le temps d’apprécier le morceau.

B : Et comme nous sommes nous-mêmes producteurs, si on a une grosse période sans trop de releases, on a l’un et l’autre de quoi sortir !


Tout à l’heure vous nous disiez que le label serait majoritairement Drum & Bass, mais est-ce que vous accepteriez des morceaux de Dubstep, UKG, ou de Bass House par exemple ?

E : Ça dépend du type de dubstep et de UKG, mais bien sûr oui ! Tant que c’est bass music et que ça nous touche, on est preneurs. Après on ira pas sur un style d’esthétique dans le dubstep, mais on est ouverts à tous.

B : On est sereins sur la manière dont on va adapter la promotion du morceau, et essayer d’adapter son style et son univers au nôtre. Par exemple sur la première sortie du label, le morceau de Elisa et Dopa Beatz, le morceau est plutôt identifié “Jungle samba trap”.

E : Ouais voilà, on est déjà super hybrides depuis la première sortie donc tout ce qui a des amen breaks, de belles subs, des choses qui nous touchent et qui nous donnent envie de danser, c’est un grand oui !

B : C’est clair, parce qu’on est DJs tous les deux avant tout, et ce qu’on aime c’est faire danser les gens donc on veut aussi des morceaux principalement taillés pour le dancefloor, même si on ne se ferme pas à l’idée de sortir un morceau plus ambiant par exemple. Tant que la musique est bonne !


Est-ce que vous avez un message particulier à faire passer aux producteurs et aux artistes qui pourraient lire cette interview ?

B : Alors je voudrais faire passer une dédicace à ma maman… rire Je plaisante, un petit message pour les producteurs : si vous voulez nous envoyer vos morceaux, on écoutera tout : vahana.records@gmail.com ! Même si on dit “non” une première fois, n’hésitez pas à nous renvoyer vos prochains morceaux. J’ai déjà vécu ça, j’ai déjà eu plein de refus de la part de labels, même si on met du temps il faut pas hésiter à renvoyer et continuer à bosser.

E : Accrochez-vous, c’est un voyage qui n’est pas forcément facile : on se pose beaucoup de questions, on a aussi des angoisses, on se prend 5 mauvaises nouvelles par jour. Il ne faut rien lâcher, continuer à bosser et à y croire. Ce n’est pas un voyage facile mais c’est un voyage qui vaut le coup, quand tu décides de t’investir dans la bass music c’est pas le style le plus simple ni celui qui te mettra le plus “pimp”, mais si tu y crois il y a des gens qui arrivent à en vivre. Donne tout ce que tu as et ne te laisse jamais enfoncer par une mauvaise nouvelle !


Un petit mot pour la fin ?

E&B : On est super contents de se lancer dans cette aventure, on espère vraiment que plein d’artistes FR super chouettes nous enverront plein de super tracks, et merci beaucoup Bass Factory d’avoir pris du temps pour nous poser ces questions !

Tenez-vous prêts !


Leur premier EP sortira le Mercredi 16 Mars 2022, et on ne peut vous dire qu’une seule chose : c’est une véritable petite bombe !


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