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Le guide ultime en cas de panne d'inspiration

Créer de la musique est une passion dévorante : votre cerveau débloque une dose de sérotonine importante lorsque vous composez. Mais un matin vous vous lèverez, vous ouvrirez votre DAW et là : rien. Le néant. Vous allez essayer de démarrer un projet, et tout ce que vous essaierez d'entreprendre sera insatisfaisant. Surtout, ne paniquez pas : absolument tous les producteurs de musique ont déjà été confrontés à ce problème frustrant et paralysant.


Même les artistes les plus talentueux et passionnés rencontrent parfois cette barrière redoutable sur leur chemin : ce fut le cas du producteur grenoblois Vici il y a quelques mois.

Portrait du producteur de musique Vici

“Cet article tombe à pic. Au moment où j’écris ces lignes, je sors de ma deuxième grosse panne d’inspiration de l’année. Ce sont toujours des moments difficiles. On regarde son DAW, on tente des trucs, mais tout ce qu’on fait est claqué au sol. Mais personne ne doit se sentir coupable dans cette situation. L’inspiration ne se contrôle pas, à la limite elle s’entretient. Le plus gros conseil que je pourrais donner en cas de panne, c’est de continuer à travailler son oreille. On ne devient pas un excellent producteur si on ne travaille pas plusieurs heures par jour, inspiration, ou non. Faites du sound design, tentez tout et n’importe quoi, travaillez votre théorie musicale, et surtout, voici personnellement mon tip favori pour rebondir sur une panne d’inspi : Faites des bootlegs de morceaux dans des styles qui ne sont pas votre style de prédilection, voire même des styles que vous n’avez jamais produits. Vous seriez surpris de la quantité de savoir que vous pouvez obtenir en faisant autre chose que ce que vous avez l’habitude de faire. Et comme par magie, après ça, l’inspiration reviendra..”


C'est sur ces paroles divines que nous pouvons attaquer correctement ce gros sujet : on vous a préparé une liste des choses que vous pouvez faire en cas de panne. Grâce à celle-ci, vous aurez toute les armes pour y faire face. Un conseil : gardez cet article en favoris, parce que ça finira par vous toucher tôt ou tard.


1. Créez et garnissez votre propre pack de samples


Qui a dit qu’il était impossible de créer ses propres packs ? Fabriquez des kicks avec Kick 2, créez vos propres amen breaks avec Addictive Drums, esquissez votre prochaine sub bass sur Serum ou Vital, etc.

Un truc super chouette à faire également, c'est de vous procurer un enregistreur portable pour moins d'une centaine d'euros, et vous balader pour enregistrer des ambiances de rue, de pluie, de fête foraine, de forêt, des percussions grâce aux éléments de votre cuisine, garage, etc. Pour les prises de son en extérieur, pensez à vous procurer une bonnette (un petit bonnet pour éviter le bruit du vent). Le micro de votre téléphone portable peut aussi faire le job, ça sera juste en moins bonne qualité. Faites beaucoup de stock, et enregistrez un maximum de choses : il y a des chances pour que vous ne vous serviez pas de 95% des samples produits, mais hey 5% c’est déjà énorme !


2. Diggez de nouveaux samples (méthode facile)


Internet au 21ème siècle est fascinant : grâce à lui, vous pourrez trouver des éditeurs de packs de samples en quelques secondes seulement. Je vous conseille trois superbes éditeurs qui sont des valeurs sûres : Ghost Syndicate, Cymatics, et Kan Sample. Encore mieux : si vous n’avez pas envie de lâcher entre 10 et 30 balles dans un pack complet, il existe une solution qui vous permet de les écouter, et de télécharger individuellement à moindre coût, j’ai nommé Splice. Pour trouver de l’inspiration, vous pouvez aussi essayer de farfouiller dans des packs qui ne sont pas du tout bass music : Funk, Jazz, Reggae, ou même Bossa Nova ! Peut-être que vous trouverez la loop parfaite qui fera naitre votre prochain banger ! Je vais d’ailleurs en profiter pour débunker une chose et m’attirer les foudres des puristes : aucune loi n’interdit d’utiliser les loops présentes dans les packs. Même si vous les laissez brutes, et surtout si vous débutez. Ne reproduisez juste pas le même morceau que la démo. <tousse>


3. Diggez de nouveaux samples (méthode vétéran hardcore)


Là on va attaquer un gros morceau ensemble, et je vais vous révéler mes plus belles sources. Il existe un nombre incalculable de moyens de trouver de nouveaux samples, ou simplement de trouver de l’inspiration.

  1. La première option que je vous propose est tout simplement bordélique, mais étonnante : saviez-vous qu’il existe une quantité astronomique de morceaux uploadés chaque minutes sur une chaîne YouTube nommée Various Artist ? Après un bon moment de recherche, vous finirez forcément par trouver un truc sympa.

  2. Une autre source que j’aimerais vous proposer est samplette.io, que j’ai surnommé affectivement “l’usine à pépites”. Ce site est une mine d’or pour les producteurs à la recherche de samples, puisque sa base de données est littéralement une collection de chaînes YouTube qui répertorie des samples, et vous permet de les trier par tous les critères possibles : sous-genre, BPM, année, pays, etc.

  3. Pour toujours rester dans l’univers de YouTube, voici un autre site fascinant : PetitTube. On passe un cran dans la difficulté à trouver des samples, mais on augmente le taux de rareté aussi ! PetitTube vous propose aléatoirement des vidéos YouTube qui ont moins de 500 vues. Autant vous dire que vous allez manger de l’annonce immobilière américaine, du papy qui a upload une vidéo de lui par erreur sur la plateforme, des vidéos de familles,... mais vous pourrez aussi trouver des artistes amateurs qui s’enregistrent, ou des personnes qui parlent. Je ne vous cache pas qu’il faut traîner un bon moment avant de trouver des trucs sympas, mais bon, ça reste selon moi une option envisageable.

  4. Un super site pour trouver de vieux films, des dialogues, ou même des reportages oubliés : archives.org est une mine d’or pour trouver des archives de médias. Je vous assure qu’on trouve des trucs bien perchés dessus, mais aussi votre prochain vocal pré-drop : j’ai confiance en vos talents de diggers.

  5. Un dernier site web avant de passer par le dig dans le monde physique : les amateurs de vinyles me voient déjà venir de très loin, on va parler un petit peu de Discogs. Ce site est souvent décrit comme le eBay du vinyle. Le site mérite clairement une refonte complète tellement il est compliqué de trouver ce qu’on cherche facilement. Il faudra vous armer d’un peu de patience, et vous balader de page en page pour trouver ce que vous cherchez. Vous n’êtes pas obligés de chercher manuellement chaque morceau : la plupart du temps, en bas à droite vous trouverez des vidéos contenant les morceaux pour pouvoir écouter les morceaux présents sur le vinyle !

  6. Passons maintenant à l’essence même du sampling : pourquoi ne pas tout simplement passer chez un disquaire pour aller chercher vos pépites sur place ? Si vous habitez dans une grande ville, vous devriez trouver facilement des magasins pour vous en vendre.

  7. Si vous habitez à la campagne et qu’aucun disquaire n’est disponible, il vous reste une dernière solution : les brocantes et Emmaüs. Cette fois-ci il faudra sûrement jouer la carte de la chance : vous ne pourrez vous fier qu’à la pochette, éventuellement à un label ou un nom qui vous dit vaguement quelque chose, et c’est tout. Mais c’est aussi ça qui est excitant : vous ne savez pas précisément si vous tomberez sur quelque chose d’incroyable, des morceaux juste “OK” ou une gigantesque crotte. Tout de même avant, allez voir les personnes plus âgées dans votre famille (vous savez, celles qui disent que vous écoutez de la musique bizarre et qui vous appellent " la star") et équipez-vous d’une platine. Branchez-la à un ampli ou un pré-ampli phono, et branchez celle-ci à votre carte son. Vous êtes prêt à découvrir le monde merveilleux des galettes noires.

Ces méthodes ne sont pas uniquement réservées au vinyle bien entendu, mais aussi aux CDs, cassettes audio et VHS, et pour les plus aventuriers : au laser disc ou au DAT ! Attention tout de même aux risques vis-à-vis des copyrights : la plupart des morceaux provenant des sources listées ici sont sous licence, et vous risqueriez d’avoir des problèmes en utilisant des musiques appartenant à des tiers sans la modifier un minimum. Assurez-vous d’acquérir les droits sur lesdits samples en contactant les ayants-droits, ou de suffisamment modifier les samples que vous utiliseriez pour les rendre presque inidentifiables. Veillez aussi au moins à rémunérer la personne à qui vous chourez des samples : soutenir les artistes est important, on ne le dit jamais assez ;)


4. Entrainez-vous à mixer



Jouer des dates est primordial dans la carrière musicale d’un artiste : c’est très souvent la première source de revenus. Si vous n’avez pas le matériel nécessaire, faites un tour sur Leboncoin, établissez votre budget, renseignez-vous et n’hésitez pas à demander des avis autour de vous ou sur des groupes Facebook par exemple ! Mais surtout : n’attendez pas de pouvoir vous payer les dernières platines pour débuter : le principe est bien souvent le même sur les différents contrôleurs, et vous perdrez un temps précieux. Plus vous attendrez, moins vous serez prêt le jour où vous aurez une date qui se proposera à vous. Si vous êtes déjà à l’aise avec le mix, mais que vous n’avez pas encore économisé assez pour vous payer des XDJ ou CDJ, vous pouvez opter pour la location à la journée : beaucoup de particuliers et loueurs peuvent vous louer les dernières platines pour une centaine d’euros la journée, parfois même livrées à domicile. Il existe aussi des “studios” que vous pouvez louer à l’heure et qui vous permettent de vous entrainer sur place moyennant 10€ à 20€ de l’heure. Pratique pour s’entrainer !


5. Tentez de recréer un morceau / remixer une track


Ça peut être un bon challenge personnel, même si vous avez du mal à vous rapprocher du morceau original que vous avez choisi. Continuez de vous en rapprocher le plus possible, et quand vous aurez fini, changez la majorité des éléments de façon à ce que “l’originale” ne soit plus identifiable : modifiez la structure, changez la waveform de votre sound design, le mode dans lequel vous avez produit votre track. De cette manière, vous pourrez passer d’un bootleg douteux à potentiellement un morceau super original !

Si cette méthode ne marche pas, ou que vous n’avez pas réussi à produire quelque chose qui vous semple potable, ne vous dites pas que vous n’êtes qu’un énorme étron : ce que vous faites est bien, vous n’avez peut-être tout simplement pas assez d’XP pour faire la même bassline que Tentacles. Ce qui nous emmène naturellement au 6ème point.


6. Instruisez-vous


Il existe une tonne de vidéos sur YouTube pour vous apprendre à développer votre skill en sound design par exemple, ou à faire en sorte que votre snare sonne super bien (on vous voit). Regardez, apprenez, reproduisez, modifiez. C’est aussi simple que ça. Voici une énorme playlist YouTube qui a été créée par ArtFX, et qui ressence un nombre incalculable de masterclasses gratuites. Si vous pouvez vous permettre d’injecter un petit peu d’argent dans votre musique, je ne peux que vous recommander de vous offrir un abonnement sur le site de Soundteams, qui a été crée par Ohlala Productions, l’équipe derrière les soirées Get In Step ! Vous pouvez aussi vous abonner à des pages Patreon d’artistes pour assister à des masterclasses, sessions feedbacks, sample packs, etc. En voici quelques uns qui sont pépites : The Caracal Project, Visages, Infekt, Monty, Nimda ou encore Redpill.

Et enfin, vous pouvez aussi rejoindre le groupe DND Production France, qui est un groupe Facebook d'entraide entre producteurs de Bass Music francophone. On vous en parlait ici !


7. Apprenez à jouer d’un instrument


Aaaaah, le fameux point tant redouté. Je vous arrête tout de suite et je vais démystifier quelque chose : vous n’êtes pas obligés de faire du solfège, ni de prendre des cours. Vous pouvez d’ailleurs décider de prendre des cours de piano par exemple, mais de ne pas vouloir apprendre à jouer des morceaux classiques, ou même d’apprendre le nom des notes (vraie histoire personnelle, j'ai dit wallah). Si vous n’avez jamais eu l’occasion de prendre des baguettes et passer derrière une batterie, c’est une chose à faire au moins une fois dans sa vie. Peut-être que vous y prendrez goût, ou peut-être pas. Ou peut-être que vous deviendrez suffisamment bon pour créer vos propres Amen Breaks (C.F n°1), ou même pour monter votre propre show solo, histoire de faire autre chose que de passer derrière des platines et proposer une expérience inédite à votre public. Pour les petits budgets (et les gros d’ailleurs !), vous pouvez trouver très facilement des instruments cools ou bizarres sur Leboncoin, pour vraiment pas cher du tout. Plus d’excuses, foncez jeune guitariste en herbe.


8. Écoutez de nouvelles musiques

Trouvez de l’inspiration par le biais d’autres artistes, laissez-vous porter par le hasard d’un algorithme ou le nom chelou d’un sous-genre peu connu. Surtout : ne vous focalisez pas uniquement sur vos styles de prédilection. Écouter de la bass music c’est bien, s’instruire et s’inspirer d’autre styles pour produire des choses différentes, c’est mieux. On vous conseille quelques genres de musique bien sympas et parfois peu connus : Cumbia, Chillhop, Trap-house-jazz, Hypnagogic pop et même Noise.


9. Téléchargez de nouveaux VSTs


Il existe des tonnes et des tonnes de plug-ins. Pourquoi vouloir se limiter à 5-10 références ? Il est peut-être temps pour vous de trouver votre nouveau chouchou, ou perle rare (appelez-le comme vous voulez, ce n’est pas le sujet).

  • Mishby par exemple est un VST multi-effets abordable qui est super bizarre, et surtout très intriguant. On pourrait croire que c’est un troll, et pourtant les possibilités pour faire des choses folles sont nombreuses, notamment sur les samples de voix. Proposé au prix de 50$, les développeurs Freakshow Industries invitent même leurs clients à payer moins si vous n’avez pas assez d’argent. Si vous ne pouvez vraiment pas vous l’offrir, vous pouvez leur voler légalement sur leur site web (ce n’est pas une blague).

  • Restons dans la catégorie VST multi-effets et penchons nous sur Manipulator de Polyverse. Développé par les artistes producteurs de psytrance Infected Mushroom, ce super plugin est lui aussi parfait pour les voix, mais aussi pour les synthés. Celui-ci est proposé au prix de 149$.

  • Passons maintenant aux oscillateurs et synthés : Synplant 2 est loin des standard en matière d’interface. Plantez une graine, faites la pousser et modifier son ADN pour développer ses sonorités. Une approche peu conventionnelle en matière de sound design qui le rend particulièrement intuitif. La grosse nouveauté de ce synth est qu'il est doté d'une intelligence artificielle qui permet à l'utilisateur de charger un sample, et Synplant essaiera de le reproduire au mieux, et c'est franchement bluffant. A vous le remix de Mr Happy ! Son prix est lui aussi de 149$.

10. Planifiez vos prochains mois


Au 21ème siècle, la carrière et le succès d’un artiste ne reposent plus uniquement sur la qualité musicale (hélas). Il est extrêmement important (voir vital) de bien préparer l’ensemble de sa communication. Et pour cela, rien de mieux qu’un outil gratuit pour s’organiser correctement : Notion. Ce logiciel vous permettra de mettre en place un rétroplanning dans un agenda, de noter des idées de morceaux ou vos prochaines publications sur les réseaux sociaux, de planifier vos sorties, etc. Ne négligez vraiment pas votre présence sur les réseaux sociaux.

Vous pouvez aussi par exemple préparer votre presskit : c’est un pack présentant toutes les informations et documents qu’un organisateur de soirée pourrait avoir besoin : quelques photos, votre bio, votre logo, et les liens pour vous suivre sur les réseaux.

Une autre chose importante est d’interagir avec d’autres producteurs. Soutenez les, commentez leurs derniers morceaux, essayez de rentrer en contact avec eux ! Plus vous serez présent et engagé avec un contenu qui n’est pas le votre, plus vous avez de chances d’agrandir indirectement votre audience potentielle. Peut-être que vous gagnerez quelques abonnés, peut-être pas, ou peut-être que vous vous ferez remarquer par l’artiste en question ? Qui sait : une collab avec The Clamps, je ne dirais vraiment pas non !

On pourrait faire un article sur l’importance et la préparation d’un presskit, et de la présence sur les réseaux sociaux ; dites nous si ça vous intéresse !


11. Prenez un peu l’air


Ça fait plusieurs sessions que rien ne sort, vous avez try-hard et vous avez déjà essayé tout ce qu’il y a dans cette liste. Pas de panique, on a une dernière solution : il faut tout simplement que vous vous aéreriez l’esprit. Sortez de chez vous, c’est bien souvent la clé en cas de panne. Sortez voir un concert, allez donc voir un groupe local, assistez à un open mic pour peut-être trouver une rappeuse ou un chanteur pour votre prochain morceau. Qui sait ? Après je ne vais pas vous mentir, le mieux parfois est de rester un peu en retrait de la musique : une petite promenade en forêt, un week-end à la mer, à la montagne ou en Angleterre ? Cela ne pourra faire que du bien à votre créativité.


12. Ne vous forcez surtout pas


Si toutes les solutions présentes dans cette liste n’ont rien donné pour vous, c’est peut-être parce que ce n’est pas le bon moment pour arriver à produire des morceaux. Beaucoup de facteurs peuvent entrer en jeu : stress, santé mentale, anxiété, problèmes familiaux, peur de l’échec, ou tout simplement de la fatigue ! C’est pour ça que j’insiste sur le fait qu’il ne faut surtout pas se forcer : cette période est temporaire, et peut-être que dans quelques jours, au moment d’ouvrir votre DAW sans grande conviction vous arriverez à faire quelque chose d’incroyable, qui sera peut-être même votre meilleur morceau !


On arrive à la fin de cet article qui je pense sera utile à pas mal de monde, n'hésitez pas bien évidemment à le partager à vos collègues producteurs et à nous partager vos meilleurs astuces anti panne d'inspi !


On a hâte d'entendre vos prochaines tracks, et on croit en vous. On croit tellement en vous qu'on attire votre attention sur le fait que Bass Factory peut vous aider à promouvoir la sortie de votre prochain morceau, ou de présenter votre travail dans un Baguette Mix par exemple ! C'est totalement gratuit et on s'occupe de toute la communication, alors pourquoi s'en priver ? :)

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